Face à l’agitation de l’enfant, l’entourage doit savoir
réagir immédiatement par des gestes efficaces qui vont calmer la douleur
et limiter les conséquences de l’accident.
Que faire soi-même ?
Est-ce grave ? Faut-il appeler le médecin de famille, alerter tout
de suite les pompiers ? Et si l’on essayait d’y penser avant pour
prévenir l’accident ?
AGIR VITE ET BIEN
Que faire soi-même ?
STOPPER L’AGRESSION
En écartant vivement la flamme ou l’objet brûlant, car le jeune
enfant peut ne pas encore avoir acquis les réflexes efficaces d’évitement
et de retrait.
Si les vêtements ont pris feu, couchez l’enfant au sol pour l’empêcher
de courir ce qui attise la flamme, roulez-le et couvrez-le avec une
couverture ou un vêtement, pourvu que celui-ci ne soit pas en fibre
synthétique, ou jetez de l’eau froide dessus.
En cas de brûlure électrique, si le corps reste collé à l’objet
électrisé (prise, fil, appareil électrique), tenter d’abord de
couper l’alimentation électrique ; si cela n’est pas possible,
utiliser un objet isolant (bois, plastique) pour rompre le contact et
écarter l’enfant.
Lors d’une brûlure des yeux (thermique ou chimique :
ammoniaque, chlore…), laver immédiatement à grande eau (ou sérum
physiologique) pendant plus de 20 minutes.
RÉDUIRE LA DOULEUR
Toute brûlure entraîne une douleur immédiate, violente. L’inondation
de la zone brûlée par de l’eau froide courante, en arrosant par un
lent mouvement du centre vers les bords de la zone brûlée entraîne en
quelques minutes une diminution de la douleur. Un bain froid peut remplir
le même office. L’eau n’a pas besoin d’être stérile, celle du
robinet convient.
Essayer d’interrompre le refroidissement toutes les 2 ou 3
minutes : si la douleur réapparaît, continuer à arroser. Dès que
la brûlure atteint quelque importance, il est aussi souvent utile de
donner sans tarder un médicament contre la douleur à base de PARACETAMOL,
dans une forme adaptée à l’enfant. Pour cela, il faut que votre
médecin vous ait prescrit auparavant le médicament qui convient à votre
enfant et vous ait expliqué précisément quand et comment l’utiliser.
Ainsi, vous pourrez, en cas de besoin, l’employer aussitôt.
LES PREMIERS SOINS LOCAUX
Si des vêtements recouvrent la zone brûlée, il est conseillé de les
retirer délicatement pendant l’inondation ou le bain, seulement s’ils
sont en fibres naturelles (coton, laine, lin). Si les vêtements sont en
tissu artificiel (synthétique), il ne faut pas tenter de retirer la
couche au contact de la peau, sous peine de l’arracher et d’aggraver
les dégâts. Après avoir rincé abondamment, il vaut mieux laisser la
blessure à l’air en attendant l’intervention d’un médecin.
Respectez les bulles qui ne sont rompues, elles protègent la peau qui est
en-dessous. N’étalez aucune pommade ou crème, aucun corps gras sur la
zone brûlée, ni coton hydrophile (ni ouate, ni gaze). Si un pansement
est nécessaire, on utilise de préférence du TULLE GRAS, recouvert par
un pansement protecteur. Ne jamais utiliser d’antiseptique coloré ni d’antibiotique
« insitu ». S’il s’agit d’une brûlure superficielle (1er
degré), on peut étaler délicatement une pommade apaisante de type
BIAFINE.
Est-ce grave ?
La brûlure est une destruction des tissus sous l’effet d’une forte
chaleur. Outre la douleur, toujours présente, il peut exister un risque d’infection,
de perte importante de sérosités (déshydratation), puis plus tard un
risque de mauvaise cicatrisation avec des cicatrices disgracieuses, en
relief, ou encore rétractiles, diminuant la souplesse des tissus avec des
conséquences gênantes si cela arrive au niveau d’une articulation.
La gravité d’une brûlure dépend :
De la profondeur : selon la température et le temps de
contact avec le corps brûlant, la destruction des tissus est plus ou
moins profonde. On distingue :
Les brûlures superficielles, dites de 1er degré,
qui
correspondent au coup de soleil que chacun connaît : la seule
modification visible est un aspect rouge, enflammé, de la peau ; la
peau est irritée mais intacte, il n’y aura pas de cicatrice.
Chez le petit enfant, une brûlure superficielle étendue peut s’accompagner
d’un « coup de chaleur » (soif, fièvre), complication grave
qui requiert des soins médicaux d’urgence.
Les brûlure intermédiaires, dites du 2ème degré, se
reconnaissent par une modification de la structure de la peau :
celle-ci se soulève formant des bulles pleines d’un liquide
clair ; ces bulles peuvent se rompre et laissent alors voir une peau
rose, abrasée, très douloureuse. Tant que la bulle n’est pas percée,
il n’y a pas de risque d’infection, évitez donc de la percer.
Néanmoins, si le derme sous la bulle est rose, il s’agit d’un 2ème
degré superficiel.
L’existence de zones blanchâtres, moins douloureuses, correspond à un
stade plus grave, appelé 2ème degré profond.
Dans les brûlures profondes, de 3ème degré,
la peau
est carbonisée, blanche ou brunâtre, insensible.
Il est fréquent, dans les brûlures d’une certaine importance, que
les niveaux de profondeur soient associées, avec des zones de 1er,
2ème et éventuellement 3ème degré.
De l’extension en surface : elle conditionne le risque de
déperdition de liquide (déshydratation), de choc et d’infection
généralisée ; l’enfant y est particulièrement fragile.
Elle est toujours appréciée précisément par les médecins et s’exprime
en pourcentage de la surface cutanée :
- Toute la tête 19 %
- Bras (9 % chacun) 19 %
- Face avant du tronc (poitrine et ventre) 18 %
- Face arrière du tronc (dos + fesses) 18 %
- Jambes (13 % chacune) 26 %
- Région génitale 1 %
- Total 100 %
De l’âge de l’enfant : le jeune enfant est plus fragile,
à plus haut risque de complication.
De la localisation des brûlures : les brûlures au niveau des
plis de flexion (cou, coudes, genoux, doigts, aisselles…) et près des
orifices corporels (nez, bouche, yeux) exposent au risque de cicatrice
rétractiles, gênant les mouvements. Le risque de séquelles esthétiques
est parfois au premier plan (visage).
Quand faut-il consulter un médecin ?
Si la brûlure est d’origine électrique, si elle est profonde (3ème
degré) même très peu étendue ou si elle est intermédiaire (2ème
degré) et dépasse quelques millimètres de diamètre, si elle est proche
d’un orifice naturel, de l’œil, d’une articulation, ou des organes
génitaux, il est nécessaire de consulter un médecin après avoir donné
les premiers soins.
Les brûlures intermédiaires limitées (2ème degré) et
peu étendues peuvent être soignée à la maison, avec surveillance de la
bonne cicatrisation en refaisant le pansement tous les deux jours, et
vérifiant l’absence de fièvre. Les brûlures superficielles étendues
survenant chez le petit enfant (coup de soleil) nécessitent une grande
prudence : il faut le soustraire à la forte chaleur, lui donner à
boire et bien surveiller sa température ; consulter un médecin sans
tarder en cas de fièvre ou de soif importante.
Quand faut-il appeler d’urgence les pompiers ?
Devant une électrocution avec choc (trouble de la conscience, de la
respiration), une brûlure intermédiaire ou profonde (2ème et
3ème degrés) étendue au-delà de 5% de la surface du corps
(équivalent d’un demi-bras, d’un tiers de jambe), une brûlure par
explosion, et plus généralement devant tout signe inhabituel après une
brûlure ou toute difficulté à joindre un médecin, l’appel aux
services de secours est conseillé : téléphonez au 15 (Médecins d’urgence)
ou au 18 (Pompiers) ou au 112 (Numéro centralisé d’urgence).
Y PENSER AVANT, C’EST MIEUX !
La plupart des brûlures de l’enfant surviennent au domicile ou sur
le lieu de garde. L’enfant est particulièrement exposé à ce type d’accident
car son comportement naturel le pousse à explorer son environnement, à
toucher à tout, pour faire son expérience. De plus, le tout petit enfant
n’a pas encore acquis les réflexes qui permettent d’écarter, de
repousser, de lâcher immédiatement tout objet brûlant.
Rendre son habitation sûre
Il est très important de réfléchir à l’avance sur tous les
risques qui peuvent exister dans les lieux fréquentés par des enfants
pour prendre les mesures préventives nécessaires, qui sont souvent
simples, élémentaires et de bon sens.
La cuisine est le lieu de tous les dangers.
- Sur la cuisinières, toujours tourner les queues de casserole ver
le mur.
- Ne jamais poser au sol un récipient chaud, un fer à repasser.
- Veiller à la qualité de l’installation électrique (prises
protégées et disjoncteur différentiel), les matériels évoluent et
les installations anciennes sont souvent mal protégées au regard des
normes de sécurité actuelles.
- Toujours tester la température du biberon (se méfier tout
particulièrement du réchauffement par micro-ondes).
- Empêcher les enfants de s’approcher des foyers ouverts et
inserts par un pare-feu.
- Être très vigilant avec les barbecues, les portes de four en
situation basse.
- Veiller au bon réglage de la température de l’eau chaude
sanitaire : un thermorégulateur limitant la température de l’eau
chaude dans la salle d’eau à 40-45 °C est une solution sûre.
Éduquer son enfant
La notion de chaud et de froid s’apprend. C’est la maman qui
naturellement explique à son bébé que le biberon est chaud en le lui
faisant toucher pour qu’il puisent s’en régaler tout de suite. Les
gestes naturels da la mère qui écarte le biberon trop chaud, sa mimique,
sont autant de signaux qui apprennent à l’enfant ce risque et la
prudence nécessaire. Quelques mois plus tard, il faudra penser à
prévenir ce bébé qui commence à marcher des risques propres au feu
dans la cheminée, à la porte du four, aux radiateurs, au fer à
repasser. La mise en garde simple, l’interdiction sont peu efficaces et
risquent de susciter la curiosité de l’enfant ; il est bien
préférable pour chacun de ces objets ) risque de les faire tester
prudemment par l’enfant, l’adulte lui tenant la main qui s’approche
et la retirant avec la sienne tout en manifestant vivement devant le
caractère désagréable de l’expérience. Plus généralement, la
prudence constante que manifestent les adultes dans leur comportement
constitue le meilleur guide de référence pour les enfants qui les
côtoient.