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Otite chez l'enfant
par le Docteur Norbert AMOUYAL, Marseille
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Fréquente et à prendre au sérieux
Pathologie très répandue, elle est principale cause
de consultation des cabinets de pédiatre et de généralistes.
Douloureuses et inquiétante pour les parents dont elle cause souvent les
premières nuits blanches, elle reste si elle est bien soignée, une
maladie relativement bénigne.
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Otite congestive |

Otite congestive |
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Otite aiguë: tympan bombé,
rétention purulente |

Otite aiguë :
perforation spontanée
avec otorrhée |
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Les signes sont assez visibles chez le grand enfant,
par la fièvre et la douleur indiquées par l’enfant, mais le diagnostic
est moins évident chez le nourrisson au dessous de 3 à 6 mois chez qui
il faut systématiquement regarder les oreilles avec un bon otoscope
(appareil servant à examiner les tympans), dès lors que l’on recherche
un foyer d’infection.
Mais, il y a plusieurs types d’otites, et il en est
très pernicieuse car elle évolue à bas bruit, il s’agit de l’otite
sérieuse ou séromuqueuse.
Dans ce cas, la fièvre à complètement disparu, elle
s’installe le plus souvent au décours d’un épisode de
rhinopharyngite, ou un rhume banal qui traîne anormalement.
L’enfant éprouve alors des difficultés à entendre,
et ce sont bien souvent les parents qui sont alertés, en signalant que
leur enfant fait répéter, met la télé trop fort, comprend mal ce qu’on
lui dit, éprouve des difficultés scolaires, ou tout simplement se
comporte différemment qu’à l’accoutumée.
L’enfant est agité, turbulent, dort mal, ou bien il
est rêveur, absent …
La consultation chez le généraliste va permettre de
retrouver des tympans modifiés, et va conduire à un examen spécialisé
chez l’ORL qui va alors effectuer des tests auditifs, qui peuvent
déboucher sur une indication de mise en place de drains, les fameux
« yoyos » que l’on dénommait autrefois, et qui vont
apporter une guérison quasi immédiate.
Causes et conséquences
Ces otites séromuqueuses, si elles sont mal soignées
ou méconnues, peuvent aboutir à des complications bien plus redoutables,
telles que des surdités de transmission, des otites chroniques
séquellaires ou actives, et dont le traitement est beaucoup plus lourd et
plus complexe au prix de séquelles auditives compromettantes pour l’avenir
du sujet.
Mais les otites aiguës, si nombreuses soient-elles,
sont fort heureusement simples d’évolution, grâce à l’avènement
des antibiotiques qui ont radicalement changé le pronostic de ces
infections, et supprimé quasi totalement les complications redoutables
encore présentes dans nos mémoires, telles que la mastoïdite, les
méningites voire les méningo-encéphalites qui laissent des séquelles
neurologiques lourdes, et qui sont encore l’apanage du petit enfant de
moins de 30 mois.
Le traitement est basé sur la paracentèse, c’est-à-dire
qu’il faut percer le tympan pour évacuer le pus qui est sous pression
derrière le tympan, une antibiothérapie bien adaptée en perfusion qui
se fait le plus souvent en milieu hospitalier.
L’otite moyenne aiguë chez l’enfant se traduit
donc essentiellement par la fièvre et une douleur de l’oreille, elle
évolue classiquement en 4 stades qui sont :
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l’otite congestive où le tympan est rouge, enflammé |
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l’otite dite catarrhale, qui est un stade d’inflammation
beaucoup plus marqué |
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l’otite purulente où le tympan est bombé par le pus |
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l’otite perforée où le tympan est percé et laisse
sortir l’infection |
L’oreille coule alors parfois de façon abondante, il
faut évidemment éviter de laisser une infection jusqu’à ce stade qui
nécessite le recours au spécialiste qui va permettre d’aspirer et d’assécher
cette oreille.
Il faut savoir qu’il existe de nombreux facteurs
favorisant les poussées d’otites à répétition :
Au premier plan de ceux-ci ce sont les végétations
adénoïdes qui, lorsqu’elles sont trop grosses empêchent l’aération
des oreilles, leur ablation améliore l’évolution dans plus de 70 % des
cas.
Ensuite, il faut suspecter un manque de fer, qui sera
recherché par une prise de sang, puis il faut rechercher un reflux gastro
œsophagien qui, par des remontées nocturnes d’acide de l’estomac,
vient enflammer les végétations. Il nécessite à lui seul un traitement
médical et postural.
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L’allergie semblerait être rarement en cause. |
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Le tabagisme passif serait par contre un facteur
favorisant. |
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Les séjours en crèche et la scolarisation sont des
facteurs bien connus. |
Enfin, quelques malformations comme les fentes
palatines, le bec de lièvre plus ou moins complet entravent le bon
fonctionnement de la trompe d’Eustache qui permet l’aération de l’oreille
moyenne.
En résumé, il faut être vigilant devant toute
infection mal expliquée chez le nourrisson, tout comportement anormal
chez le grand enfant, et avoir recours à un examen ORL avec des tests
appropriés de l’audition, qui seront le garant d’une évolution
simple le plus souvent.
Les solutions chirurgicales iront de la simple
paracentèse effectuée le plus souvent en milieu chirurgical à l’ablation
des végétations avec parfois le mise en place de drains.
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