L'Ostéoporose
PROBLÈME
MAJEUR DE SANTÉ PUBLIQUE
Docteur Guy Pierre MARTIN
L’ostéoporose est une
maladie caractérisée par une masse osseuse faible et une détérioration
de la micro architecture du tissu osseux, conduisant à une fragilité
osseuse accrue et à une augmentation secondaire du risque de fracture.
Les principales fractures liées à l’ostéoporose concernent les vertèbres,
le poignet, le col de l’humérus et surtout le col du fémur dont les
conséquences sont les plus graves. Le diagnostic repose sur la mesure de
la DMO. Densité Minérale Osseuse, en réalisant une ostéodensitométrie.
L’Organisation Mondiale
de la Santé définit l’ostéoporose par une DMO inférieure à 2.5 écarts
types en dessous de la valeur normale, soit la valeur moyenne de la DMO de
l’adulte jeune. Un tel score indique la nécessité d’un traitement,
selon ces critères 30 % des femmes ménopausées de race blanche sont ostéoporotiques.
QUEL
EST LE RISQUE INDIVIDUEL ?
Sans prévention, en
Europe et Amérique du Nord, une femme de race blanche âgée
aujourd’hui de 50 ans a un risque de fracture de 40 % dans les années
lui restant à vivre.
La fracture de l’extrémité
supérieure du fémur reste grave. Elle entraînait souvent le décès,
elle entraîne souvent la perte de l’autonomie et
l’institutionnalisation.
QUELS
SONT LES DETERMINANTS DE CE RISQUE ?
De nombreux facteurs
modulent le risque fracturaire. L’avenir du squelette est d’abord
conditionné par la qualité du pic de masse osseuse qui est la masse
osseuse maximale acquise par un individu à la fin de sa croissance vers
l’âge de 20 ans. Le maintien de ce capital osseux est soumis à un
processus physiologique de diminution progressive au fur et à mesure du
vieillissement…
Interviennent également
de nombreux éléments extérieurs, dont un, essentiel chez la femme, qui
est la ménopause.
La privation oestrogénique
provoque pour une période de 5 à 10 ans, une accélération du rythme
physiologique de perte osseuse qui peut avoir un effet délétère très
significatif sur le capital osseux. Le traitement hormonal substitutif,
pour les femmes exposées, est donc important, mais il faut obtenir un
dosage suffisant en oestrogènes, une bonne observance du traitement dans
le temps, et tenir compte de quelques contre-indications. Diverses
maladies ou divers traitements peuvent accélérer la perte osseuse. Tout
particulièrement la corticothérapie qui a un effet négatif constant.
Voici quelques
exemples.
Rhumatismes inflammatoires -
Maladie du sang et de la moelle osseuse – Insuffisance en hormones
sexuelles – Maladies digestives exposant à un risque de malabsorption
– Diabète – Maladie de la thyroïde et des parathyroïdes -
Troubles du métabolisme du calcium, en particulier dans
l’insuffisance rénale - Toutes
les situations responsables d’immobilisation.
QUELS
SONT LES MOYENS D’ACTION ?
L’ostéoporose ayant été
mis en évidence, de nombreux moyens thérapeutiques existent avec une
solution adaptée à chacun : Oestrogènes
et antioestrogènes – Biphosphonates – Calcium et Vitamine D –
Calcitonine.
Plus à l’étude :
Fluor, Hormone Parathyroïdienne, Strontium, Stéroïdes Anabolisants,
Hormone de croissance, Diurétiques, etc.
La précocité du
diagnostic et de la mise en route du traitement est gage de succès.
COMMENT
MESURER ?
Deux méthodes sont
actuellement retenues en pratique. Une seule est validée pour le
diagnostic de l’ostéoporose : c’est la densitométrie DPX,
utilisant des rayons X (en très faible quantité). L’autre méthode est
l’ultrasonographie quantitative. L’utilisation des ultrasons dans
l’analyse des structures, des scores bas ont été corrélés à un
risque majoré, en particulier pour le fémur, même lorsque les scores
DPX étaient satisfaisants. On
peut dire actuellement que l’association des deux méthodes permet
d’améliorer la sensibilité de l’examen, mais que pour l’instant la
seule méthode ultrasonique ne permet pas une mesure fiable. Sur le plan
biologique, le dosage de certains marqueurs évaluant l’intensité du
remodelage osseux, contribue à caractériser le mécanisme de la perte
osseuse et à apprécier l’effet du traitement.
EN
CONCLUSION :
Ce rapide survol ne doit
pas masquer la complexité du problème, en constante évolution, où les
certitudes de la veille sont souvent balayées le lendemain. Le fluor, très
puissant agent ostéoformateur, est tombé en disgrâce, alors qu’il
aurait peut être fallu seulement réorienter ses indications et sa place
dans l’arsenal thérapeutique.
Il était dans un grand
quotidien national désigné parmi les médicaments inutiles, ce qui paraît
très injuste.
Très récemment, les
oestrogènes, jusque là vedettes incontestées de la pharmacopée, ont été
mis en cause pour le même motif d’activité antifracturaire
insuffisante, ce qui serait une bombe dans le microcosme. Il faut se
garder de toute querelle de clocher, ne pas être partisan de ceci plutôt
que de cela. Chez une personne donnée, l’ostéoporose est une longue
histoire, où chaque traitement peut avoir sa place à un moment précis,
dans une succession souple et persévérante. Il faut s’en préoccuper tôt.
L’utilisation d’un matériel de qualité, parfaitement entretenu et
calibré, la présence du rhumatologue dès la densitométire, prenant en
compte les paramètres cliniques, nous semblent être des gages de qualité.
SOURCES
OSTÉOPOROSE :
- Progrès dans le diagnostic et la prise en charge. Sous la direction de
Pierre J. MEUNIER MARTIN DUNITZ Ltd 1998
-
Consensus développement conférence Prophylaxis and treatment of
osteeeoporosis AM J Med 1991 90 : 107-10
-
Orwoll E., Nelson H. : Does ostrogen adequately project posmenopausal
women against osteoporisis : an iconoclastic perspective. J.
Clin. Endocrinol
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