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La Chirurgie de la Main
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Le syndrome du canal carpien
est le plus fréquent des syndromes canalaires au membre supérieur.
Il est du à la compression du nerf médian dans le conduit
ostéofibreux que constitue le canal carpien.
Dr. Jean-Luc PELLAT et Dr.
Philippe SAMSON
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Anatomie
Le canal carpien est un conduit inextensible, situé à la partie
proximale de la région palmaire de la main. Il est formé à sa partie
profonde par une gouttière osseuse constituée par le squelette du carpe.
Cette gouttière est fermée à sa partie superficielle par un toit
fibreux, le ligament annulaire antérieur du carpe. A l’intérieur de ce
conduit cheminent les tendons fléchisseurs des doigts et le nerf médian.
A ce niveau, le nerf médian a une fonction mixte, sensitive et motrice.
Il assure la sensibilité de la moitié radiale de la paume de la main, de
la face palmaire du pouce, de l’index, du majeur et de la moitié
radiale de l’annulaire. Il assure aussi la sensibilité de la face
dorsale des deuxièmes et troisièmes phalanges de l’index, du majeur,
et de la moitié radiale de l’annulaire. Le médian est responsable de l’innervation
motrice des muscles thénariens externes (court abducteur, opposant et
faisceau superficiel du court fléchisseur du pouce), permettant les
mouvements d’opposition du pouce.
Physiopathologie
Le syndrome du canal carpien traduit les effets sur le nerf médian d’une
augmentation de la pression à l’intérieur du canal carpien. Cette
élévation de pression est due à une inadéquation entre le volume du
contenant et celui du contenu.
Dans la plupart des cas la
cause est une augmentation du volume du contenu intracanalaire. Ainsi,
dans la forme la plus fréquente dite « idiopathique » on
incrimine des phénomènes de stase veineuse et une ténosynovite non
spécifique. D’autres étiologies sont plus rarement retrouvées :
- insertion basse des corps
musculaires des fléchisseurs des doigts,
- synovite de la
polyarthrite rhumatoïde,
- tumeurs intracanalaires
(kystes synoviaux, angiomes, tumeurs nerveuses)
- infiltration tissulaire d’origine
endocrinienne ou métabolique : (hypothyroidie, diabète, insuffisant
rénal dialysé, grossesse).
Dans d’autres plus rares,
c’est une modification du contenant ostéo-fibreux qui réduit le volume
du canal carpien et entraîne une augmentation de la pression
intracanalaire. C’est le cas des formes secondaires à une fracture ou
une luxation du poignet.
Le nerf médian réagit à
cette compression par une altération de ses fonctions sensitives, voire
motrices si la compression est sévère ou prolongée. Au maximum les
lésions du nerf peuvent être définitives, ne régressant pas malgré la
décompression du nerf.
Diagnostic
Les symptômes habituels sont des paresthésies à type de fourmillements
ou de picotements dans le territoire sensitif du nerf médian. Les signes
peuvent cependant n’intéresser qu’une partie de ce territoire, ou au
contraire le dépasser pour toucher le cinquième doigt ou la face
antérieure de l’avant-bras. Les symptômes sont souvent bilatéraux,
fréquemment majorées par l’effort et présentent surtout une
recrudescence nocturne, réveillant le patient plusieurs fois dans la
nuit. A un stade plus avancé apparaissent une sensation de maladresse de
la main, voire une faiblesse des prises.
L’examen clinique
recherche l’apparition des paresthésies provoquées par des manœuvres
de flexion (test de Phalen) ou d’extension prolongée du poignet.
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pourra dans certains cas noter l’existence d’une hypertrophie de la
gaine synoviale des fléchisseurs. L’étude de la discrimination
sensitive recherche une hypoesthésie pulpaire, témoin d’une
compression sévère. L’examen doit apprécier l’existence d’une
éventuelle atrophie des muscles thénariens. |
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Enfin on pratiquera un examen complet du membre à la recherche d’un
autre site de compression du nerf médian, ou de la compression associée
d’un autre tronc nerveux.
Les examens
complémentaires sont indiqués en fonction du contexte clinique. Des
antécédents de traumatisme ou de pathologie ostéo-articulaire feront
proposer un bilan radiographique comportant des clichés du poignet de
face et de profil et une incidence du canal carpien. En fonction de ses
résultats, ce bilan pourra être complété par un scanner du poignet.
L’électromyogramme avec
étude des vitesses de conduction nerveuse a une importance fondamentale
et doit à notre avis être systématique. En effet, même si le
diagnostic peut dans la plupart des cas être posé dès l’interrogatoire
et l’examen clinique, lui seul permet de quantifier le degré de
compression nerveuse, son retentissement sur les muscles thénariens
externes et de guider les indications thérapeutiques.
Traitement :
techniques et indications
Le traitement du syndrome
du canal carpien peut être médical ou chirurgical
Le traitement
médical
Il vise à diminuer l’inflammation du contenu du canal carpien soit par
immobilisation associée à un traitement anti-inflammatoire non
stéroïdien par voie générale, soit par des infiltration de
corticoïde.
Le premier traitement est d’une
efficacité relative et de courte durée. Il peut être indiqué dans
certains cas de compressions récentes, liées à l’effort, survenant
chez le sujet jeune.
Bien que leur emploi ne
soit fondé sur aucune donnée rigoureusement validée, les infiltrations
de corticoïdes sont fréquemment utilisées et permettent de soulager de
façon durable (plus d’un an) environ 20% des patients. Il est
préférable de se limiter à un maximum de trois infiltration du même
côté, du fait du risque de lésions tendineuses et nerveuses. L’infiltration
du canal carpien peut induire une aggravation passagère de la
symptomatologie pendant le temps nécessaire à la résorption du produit
(2-3 jours). Les indications des infiltrations sont :
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les syndromes du canal
carpien débutants |
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les syndromes du canal
carpien peu sévères à l’EMG |
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le refus du traitement
chirurgical |
L’utilisation de l’infiltration
comme test diagnostique est discutée. Son inefficacité ne permet en
effet pas d’exclure le diagnostic.
Les
contre-indications sont :
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les syndromes du canal
carpien symptômes (diabète, insuffisance rénale, antécédent de
fracture du poignet ou du carpe …) |
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les syndromes du canal
carpien sévères sur le plan clinique (anesthésie dans le territoire
du nerf médian, déficit moteur) ou électromyographique. |
Le traitement
chirurgical
Ses indications sont larges : il doit être proposé en première
intention dans les formes sévères. Dans les forme modérées il est
indiqué en cas de résistance au traitement médical, ou de refus de
celui-ci par le patient.
L’intervention se
déroule sous anesthésie loco-régionale, en chirurgie ambulatoire. L’efficacité
en est immédiate sur les douleurs et les paresthésies. La récupération
d’éventuels déficits sensitifs ou moteurs peut demander quelques
semaines (en cas de compression majeures des séquelles définitives sont
possibles). La durée habituelle d’arrêt de travail est de deux à
trois semaines. .
Deux techniques
chirurgicales sont employées aujourd’hui :
La
technique classique à ciel ouvert consiste à ouvrir le
ligament annulaire antérieur par une incision située dans la paume de la
main. Très rarement et en fonction de l’étiologie, le chirurgien peut
être amené à faire des gestes complémentaires (osseux ou synovial).
Les suites opératoires sont marquées par douleurs sur la cicatrice, de
douleurs palmaires à la torsion et d’une baisse de la force. Ces signes
peuvent persister 3 à 6 mois. L’utilisation de la main opérée est
difficile pendant les 2 à 3 premières semaines. Un arrêt de travail est
généralement prescrit pour une période allant de 2 à 8 semaines en
fonction de l’activité.
La
technique endoscopique à une voie d’abord, plus récente
(1990 Dr AGEE), permet de pratiquer l’ouverture du ligament annulaire
antérieur par une courte incision (1 cm) dans le pli de flexion du
poignet du poignet.
L’absence de
cicatrice palmaire permet au patient d’utiliser sa main dès le
lendemain de l’intervention.

L’avantage
majeur de cette technique est la récupération plus rapide de la fonction
de la main. Elle nécessite en revanche une formation spécifique et une
bonne expérience du chirurgien. Les contre-indications à la voie
endoscopique sont les étiologies nécessitant un geste complémentaire,
les syndromes du canal carpien suraigus et les récidives
(exceptionnelles).
CONCLUSION
Le syndrome du canal carpien est une pathologie très fréquente. Il s’agit
le plus souvent chez la femme de la cinquantaine ayant des paresthésies
nocturnes dans les trois premiers doigts. L’électromyogramme confirme
le diagnostic et indique sa gravité. En fonction de son, le médecin
pourra faire une infiltration dont l’efficacité sera probablement
limitée dans le temps (au maximum 3 infiltrations). La chirurgie a
évolué c'est dernières années vers l’endoscopie qui permet, à
résultat équivalent, des suites plus simples et une récupération
fonctionnelle plus rapide que la technique à ciel ouvert.
Dr. Jean-Luc
PELLAT et Dr. Philippe SAMSON
Institut de la Main, Clinique Monticelli
88 rue du commandant Rolland 13008 Marseille Marseille
Tél. 04 91 16 22 66
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