Elle est réalisée grâce à des techniques basées sur les
différentes
propriétés physiques et chimiques du sang ainsi que sur les
propriétés hémo- dynamiques.
Grâce aux progrès récents de la technique I.R.M., des produits de
contraste et de leur injection, c'est l'ensemble des régions vasculaires
qui peut désormais être étudié.
Jusqu'à présent, l'artériographie
conventionnelle restait l'examen de référence, mais c'est une technique
invasive ; elle nécessite une ponction artérielle avec cathétérisme et
injection de produit de contraste iodé. Elle requiert un équipement
spécifiques elle impose des conditions d’asepsie stricte, le respect
des normes de radio protection. Elle nécessite habituellement l'hospitalisation du patient.
L'artériographie expose aussi à des complications médicales soit
locales (hématome, dissection, embolie ou générales (néphro toxicité,
phénomènes allergies)).
L’approche radiologique des lésions vasculaires doit évoluer,
autant que possible, vers une imagerie non invasive, alors que les
méthodes invasives doivent être réservées aux actes thérapeutiques
(angioplastie artérielle, recanalisation, thrombolyse).
Parmi les modalités d'imagerie vasculaire non invasive, l'échographie
et le scanner occupent une place de choix. Cependant, ces techniques ont
des insuffisances avec des zones aveugles pour le doppler et une
dépendance opérateur et un champ d'exploration limité pour le scanner
qui comporte également des risques d'irradiation et des risques lies a
l'injection de produit de contraste iodé.
Concept de base de l’angio I.R.M.
Très schématiquement en A.R.M, les séquences "en temps de
vol" et en contraste de phase semblent abandonnées par la plupart
des équipes. On ne s'intéresse désormais, qu'aux séquences d A.R.M. en
échos de gradient ultra rapides avec injection de Gadolinium. Cet agent
para magnétique est injecté par voie veineuse en petite quantité. Il
est dénué d'effets secondaires. Un calcul de la concentration maximale
de Gadolinium dans le territoire vasculaire à explorer est nécessaire
pour pouvoir lancer la séquence rapide en temps voulu.
Un traitement d'images est ensuite effectué et des reconstructions en
3 dimensions sont réalisées.
Les indications
Les troncs supra aortiques :
Il s'agit essentiellement de la recherche d'une sténose carotidienne.
L'artériographie carotidienne conventionnelle, considérée comme
l'examen de référence, a un chiffre de complication de 2 à 4% selon les
séries. Il est donc tentant de substituer à cet examen l'A.R.M. comme
méthode non invasive dans l'évaluation de la vascularisation cervico
cérébrale. Sa sensibilité est excellente dans la détection des
sténoses carotidiennes de haut grade (sténose supérieure à 70%) et
pour le diagnostic d'occlusion. De plus, elle permet une étude du
polygone de Willis et apporte des informations sur la qualité de ce
cercle anastomotique de la base du crâne en vue d'un clampage carotidien
chirurgical. Dans le même temps, elle permet de faire un bilan précis du
parenchyme cérébral à la recherche d'infarctus récent ou ancien, et
d'évaluer l'existence d'une rupture de la barrière hémato encéphalique
qui contre indique temporairement une chirurgie carotidienne.
Cependant, elle ne peut être considérée comme examen de référence,
car c’est une technique trop récente qui ne possède pas encore une
fiabilité suffisante dans l'analyse des sténoses de grade intermédiaire
et dans l'analyse des siphons carotidiens. Il faut la considérer comme
complémentaire de l'écho doppler ; le couplage A.R.M et écho doppler
améliore, de façon significative, les performances diagnostiques dans le
dépistage de ces lésions. L'artériographie conventionnelle ne se
justifierait donc plus, que dans les cas où ces deux examens fourniraient
des informations discordantes.
Par contre, pour l'exploration du système vertébro basilaire, l’A.R.M.
est moins spécifique dans la détection des sténoses ostiales de
l'artère vertébrale, en raison de la petite taille des vaisseaux
étudiés. D'autres pathologies carotidiennes peuvent être étudiées par
cette technique (dissection artérielle, dysplasie, anévrisme carotidien
extra crânien ou intra crânien, fistule artério veineuse....
La pathologie thoracique :
La pathologie cardiaque est volontairement écartée de cette étude,
mais il faut savoir que, dès à présent, l'étude des territoires
proximaux des artères coronaires est possible, de même que l'analyse de
la perfusion et de la fonction myocardique. Les valvulopathies sont
parfaitement identifiées et quantifiées en I.R.M ainsi que la détection
des cardiopathies congénitales ou acquises.
L'aorte thoracique :
L'A.R.M. se partage avec la tomodensitométrie hélicoïdale, la p ace
de choix pour l'exploration de la pathologie aortique. Elle permet le
diagnostic d'anévrysme de l'aorte thoracique. Elle permet de préciser
son siège, son type, sa taille et son extension. Elle fournit également
des informations sur la cause de l'anévrysme (le plus souvent
athérosclérose) et de mieux prévoir le pronostic.
Les dissections aortiques :
L'A.R.M. constitue avec l'échographie trans
oesophagienne la méthode de choix rapide et fiable dans le diagnostic de
cette affection qui nécessite souvent une prise en charge extrêmement
urgente. En effet, la mortalité est élevée en l'absence de traitement,
50% à 48 heures. L'atteinte de l'aorte ascendante (type A) impose de la
chirurgie. L'atteinte isolée de l’aorte descendante (type B) ne
requiert que le traitement médical. Il est important de préciser le
point d'entrée de cette dissection, son extension aux troncs supra
aortiques et aux branches viscérales abdominales. Dans ce cas
particulier, l’angiographie conventionnelle fait courir un risque non
négligeable le pour le patient. L'A.R.M. est particulièrement indiquée
dans le suivi post chirurgical avec, comme avantage, la possibilité de
reconstructions tri dimensionnelles qui permettront de dépister
d'éventuelles complications.
Les embolies pulmonaires :
Actuellement, les performances de l'A.R.M. semblent
inférieures à celles du scanner spiralé. Cependant, L’A.R.M. reste
une alternative intéressante pour les patients chez qui l'injection
d'iode est contre indiquée, et ces progrès rapides laissent présager
des résultats encore plus contributifs.
Pathologie de l'aorte abdominale et de ses branches
Anévrysme de l'aorte abdominale :
L'évaluation des anévrysmes de l'aorte abdominale (A.A.A.)
est une des indications principales de cette technique. Elle fait le
diagnostic, permet le bilan pré opératoire pour définir au mieux la
stratégie chirurgicale : repérage par rapport aux artères viscérales
et rénales, extension aux artères iliaques.
Ces performances sont superposables à la
tomodensitométrie hélicoïdale.
Elle permet de détecter - les sténoses et les
occlusions de l’aorte. L'étude de la paroi aortique est fine; elle
permet de dépister les bourgeons aortiques de façon atraumatique (en
évitant les éventuelles migrations emboliques toujours possibles lors
d'un cathétérisme conventionnel).
Elle peut être proposée en première intention dans
le contrôle de pontage aorto-iliaque ou des membres inférieurs pour
éviter une ponction de prothèse ou une exploration par voie haute non
dénuée de risque.
Les artères rénales :
C'est une excellente technique atraumatique non
opérateur dépendant qui a une sensibilité pour la plupart des auteurs
et une spécificité supérieure à 90% pour détecter des sténoses
significatives (supérieures à 50%).
Un de ces avantages les plus évidents est la
possibilité de réalisation chez des patients insuffisants rénaux sans
risque de toxicité pour le parenchyme rénal. Les récents
développements permettent d'espérer une approche fonctionnelle avec
d'une part, l'évaluation du retentissement d'une sténose sur le
parenchyme rénal et d'autre part, le caractère prédictif de la réponse
thérapeutique après revascularisation d'une artère rénale (chirurgie
ou angioplastie).
Les artères digestives :
L'A.R.M est très utile au diagnostic des atteintes
artérielles, ostiales du tronc cœliaque et de l'artère, mésentérique
supérieure responsables d ischémie mésentérique chronique.
L' exploration des membres inférieurs :
L’A.R.M. permet une évaluation de l'ensemble des
axes des membres inférieurs grâce à la réalisation de grandes antennes
"sarcophages" et dédiées aux membres inférieurs, couplées a
un déplacement de la table durant l'injection de produit de contraste.
C'est donc une aIternative à une angiographie conventionnelle ; les
progrès réalisés en moins d’un an sont spectaculaires ; l’artérite
des membres inférieurs en est la principale indication. La corrélation
est totale avec l'angiographie e ce qui concerne l'analyse de l'aorte et
des artères iliaques. Cependant, deux territoires posent des problèmes
d'interprétation ; il s'agit des artères iliaques internes et des
artères fémorales profondes où une sténose peut être méconnue ou
sous estimée. L'étude des artères fémorales superficielles, de
l'artère poplitée et du trépied jambier dans son segment proximal est
fiable. L'étude de la vascularisation du pied nécessite d'autres
séances séquences d'I.R.M. longues et plus complexes. Dans une étude
récente (Reid et Collaborateurs), les indications chirurgicales auraient
% être posées sur les seules données d'A.R.M. chez 75% des patients.
Chez 17% des patients, les résultats d'angiographie ont modifié
l'approche thérapeutique.
L'Angiographie par Résonance Magnétique 3D en échos
de qradient
avec injection de Gadolinium n'est en fait qu'une angiographie
numérique par voie veineuse, obtenue avec une technique non invasive, non
irradiante et non néphrotoxique. Elle est donc particulièrement
indiquée chez les patients polyvasculaires ou des patients diabétiques
ou insuffisants rénaux. Elle n'est pas opérateur dépendante ; elle
permet une évaluation multi planaire et sous tous les angles des
vaisseaux à explorer. Elle a également l'avantage d'offrir une méthode
d'imagerie globale qui sert, non seulement à visualiser le vaisseau, mais
aussi sa paroi et les organes adjacents.
Elle permet également d’étudier
les conséquences des lésions vasculaires sur les organes perfusés. Elle
est en continuel développement et ses indications s'étendent. Elle
pourra se substituer à terme à de très nombreux examens
artériographiques classiques.