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I.R.M. en pathologie ostéo-articulaire
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L’imagerie par
résonance Magnétique (IRM) depuis la fin des années 80 s’est
rapidement imposée comme une méthode de choix diagnostic en pathologie
ostéo-articulaire.
En effet, l’IRM présente de nombreux avantages par
rapport aux autres méthodes d’imagerie ; elle est d’une grande
précision anatomique, et ce avec une excellente différenciation
tissulaire même pour les structures de petites tailles.
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D’autre part,
elle fournit également une approche physio-pathologique en permettant d’apprécier
et de quantifier le degré d’inflammation osseuse. Cette deuxième
particularité est très appréciable en pathologie traumatique mais
également en pathologie inflammatoire, infectieuse voire tumorale.
I. IRM ET
PATHOLOGIE TRAUMATIQUE
Les traumatismes,
dus essentiellement aux développements de nouvelles pratiques sportives
(telles que le ski, planche à voile, roller-skate, surf des neiges) ont
connu une recrudescences ces dernières années. Ces traumatismes portent
essentiellement, par ordre décroissant, sur le genou, la cheville, l’épaule,
la hanche, enfin le coude et le poignet (le rachis n’étant pas traité
ici). Ces pathologies se rencontrent à tout âge, mais plus particulièrement
chez l’adolescent et l’enfant.
A
/ AU NIVEAU DU GENOU :
Le genou représente environ 80% des
indications d’IRM en pathologie traumatique. En effet, elle fournit une
analyse détaillée des ligaments croisés et collatéraux, des ménisques
internes et externes, des tendons de l’appareil extenseur (tendon
quadricipital et rotulien), des insertions tendineuses des groupes
musculaires de cuisse ou de jambe, des surfaces ostéo cartilagineuses fémoro
tibiales et également rotuliennes. Dans la grande majorité des cas l’IRM
s’impose de plus en plus comme l’outil diagnostic indispensable aux
cliniciens et permet dans certains cas de poser une indication
chirurgicale ; ces cas étant représentés essentiellement par les
entorses graves du ligament croisé antérieur avec instabilité
articulaire et les fractures ou fissures méniscales responsables de
gonalgies avec épisodes de blocage.
D’autre part l’IRM
permet également d’analyser avec une grande précision l’articulation
rotulienne qui est fréquemment intéressée par la pathologie traumatique
compte-tenu de sa situation superficielle. Il s’agit en effet le plus
souvent d’une luxation externe par choc direct violent sur la partie
interne du genou. Le plus souvent cette luxation se réduit spontanément
dans les suites immédiates de l’accident. L’IRM permet donc à
distance du traumatisme d’en faire le diagnostic et d’apprécier les
éventuelles complications associées, à savoir la présence d’une
rupture d’un aileron rotulien ou d’une fracture ostéochondrale avec
plus ou moins migration d’un fragment cartilagineux à l’intérieur de
l’articulation pouvant être à l’origine
d’un épisode de blocage. L’IRM est également très intéressante
dans le cadre de la pathologie micro traumatique des tendons de
l’appareil extenseur que l’on rencontre préférentiellement dans les
sports où il existe des impulsions ou des prises d’appui en hyper
extension au niveau inférieur (volley-ball, basket-ball, gymnastique ou
dans).
Ces atteintes
tendineuses inflammatoires regroupées sous le terme de tendinite sont
souvent chroniques voire traînantes et de ce fait peu ou mal soignées
pouvant progressivement altérer le pronostic fonctionnel de
l’articulation.
B / AU NIVEAU DE LA
CHEVILLE :
Les traumatismes de la cheville peuvent se faire de façon
directe lors des sports dits de contact (pour lesquels figure en premier
lieu le football), mais le plus souvent par entorse lors d’un mouvement
forcé de l’arrière-pied en rotation interne (varus). L’IRM peut
alors être prescrit au décours du traumatisme aigu devant une impotence
fonctionnelle majeure. Mais le plus souvent ces entorses sont négligées
et mal soignées, l’IRM étant alors prescrite dans le cadre d’entorse
récidivante ou d’une instabilité articulaire invalidante.
Dans le cadre
d’un bilan pré opératoire, l’IRM est intéressante au même titre
que l’arthrographie couplée au scanner (arthro scanner) afin de
visualiser l’étendue des lésions ligamentaires, mais surtout de mettre
en évidence les complications associées (fracture ostéochondrale, corps
étrangers intra articulaires, algodystrophie). L’IRM est également intéressante
dans le cadre d’entorse moins fréquentes, mais encore plus méconnues
pouvant grever le pronostic fonctionnel du pied. Ces entorses sont situées
soit au niveau du médio pied, soit au niveau de l’articulation tarso métarsienne
entre le médio et l’avant-pied, et ne sont généralement pas
diagnostiquées avec les autres méthodes d’imagerie.
D’autre part,
comme pour l’appareil extenseur du genou, l’IRM est très intéressante
dans le cadre de la prise en charge diagnostic de la pathologie
traumatique et inflammatoire du tendon d’Achille. Cette pathologie étant
en recrudescence du fait de la pratique accrue de la course à pieds ou
jogging.
C / AU NIVEAU DE
L’ÉPAULE :
La pathologie traumatique de l’épaule peut être due
à des chocs directs, le plus souvent par chute préférentiellement chez
les personnes agées : il s’agit alors de rupture sur tendons le
plus souvent fragilisés et dégénératifs. Chez l’adulte jeune ou le
sportif, les lésions tendineuses de l’épaule sont soit intimement liées
à des micro traumatisme répétés lors de la pratique de sport dits de
lancer ou de raquette, soit
à un traumatisme aigu lors d’un effort inhabituel. Les imageurs de
dernière génération permettent une approche diagnostic de grande qualité
grâce notamment à leurs antennes dites dédiées. L’IRM est
actuellement très performante dans la mise en évidence de micro
fissuration tendineuse qu’elle soit profonde, transfixiante, voire
superficielle et elle entre directement en concurrence avec
l’arthrographie couplées au scanner qui jusqu’à présent avait la préférence
d’un grand nombre de cliniciens. Enfin, les études les plus récentes
mais qui malheureusement n’ont pas encore eu l’agrément des autorités
de tutelle en France couplent l’arthrographie et l’IRM en injectant du
Gadolinium intra articulaire avant la résiliation de l’IRM. L’IRM
devient alors un examen invasif, néanmoins, sa sensibilité diagnostique
est considérablement augmentée. A noter que cette technique est de réalisation
courante dans certain pays européens ainsi qu’au États-Unis.
II. IRM ET
PATHOLOGIES ÉVOLUTIVES
A / PATHOLOGIES
TUMORALES :
L’IRM permet une étude très précise de l’os et
donc de son signal. La moelle osseuse normale est constituée de deux
composants qui sont la moelle jaune en raison de sa forte composante en
graisse et la moelle rouge en raison de sa forte composante en précurseur
d’éléments figurés du sang (globules blancs et globules rouges,
plaquettes). L’IRM permet donc d’analyser avec une grande précision
et de façon très précoces les modifications du signal osseux notamment
lors des infiltrations ou des localisations tumorales qu’elles soient bénignes
ou malignes. La différenciation entre tumeur bénigne et maligne se fera
essentiellement sur des critères d’étendue, d’homogénéité, de régularité,
voire d’agressivité. A noter que l’aspect ou le signal de ces différentes
tumeurs est fonction de leurs composantes, en effet les tumeurs peuvent être
osseuses, fibreuses, cartilagineuses, vasculaire voire sanguines ou
nerveuses. Grâce donc à leur signal relativement différent, il est
impossible en IRM d’avoir une approche tissulaire relativement précise
notamment grâce à la réalisation de séquences appropriées qui
utiliseront de façon systématique les techniques les plus récentes
dites de suppression ou de saturation de graisse couplées dans la grande
majorité des cas à une injection de Gadolinium intra veineux permettant
ainsi d’augmenter le degré de discrimination entre sain et tissu
pathologique.
Dans le cadre des
tumeurs bénignes, l’IRM permet donc grâce à des surveillances régulières
le plus souvent de surseoir à une exploration chirurgicale diagnostique délabrante
et dans le cadre des tumeurs malignes de réaliser un diagnostique rapide,
précoce et surtout d’apprécier le degré d’extension tumorale. Outre
le diagnostic, l’IRM joue également un rôle majeur dans la
surveillance post thérapeutique de ces tumeurs malignes afin notamment de
dépister précocement les éventuelles récidives.
L’IRM peut être
prescrite soit de façon systématique dans le cadre d’un bilan
d’extension lors de la prise en charge thérapeutique d’un cancer non
osseux, soit dans le cadre d’un syndrome douloureux le plus souvent
frustre évoluant depuis un certain temps, soit enfin dans le cadre
d’une complication c’est à dire d’une fracture pouvant intéresser
un os long ou une vertèbre mettant alors en jeu le pronostic neurologique
voire vital. On notera enfin que dans ces pathologies tumorales l’IRM
est le plus souvent couplées à la scintigraphie qui possède une
sensibilité équivalente mais qui a une discrimination anatomique et
tissulaire beaucoup plus faible.
B / ALGODYSTROPHIE :
L’algodystrophie peut être définie comme un syndrome douloureux
polymorphe sans anomalie biologique, anatomique ou bactériologique spécifique.
Le diagnostic est fait sur une conjonction d’éléments de natures
diverses comprenant des douleurs avec impotence fonctionnelle ainsi
qu’une perturbation de la circulation sanguine intra lésionnelle. Cette
perturbation de la circulation sanguine intra lésionnelle est mise en évidence
de façon très précoce en IRM compte-tenu de la modification du signal
osseux. Cette affection à priori anodine est en réalité souvent
fortement invalidante car elle peut intéresser des grosses articulations
de soutien comme la hanche, le genou et la cheville avec des circonstances
déclenchantes très variables.
C / PATHOLOGIES
INFECTIEUSES :
L’atteinte infectieuse de l’os se définit soit
sous le terme d’ostéite soit d’ostéomyélite en fonction de mode de
contamination qui peut être direct ou par voie sanguine. Ces affections
sont rares néanmoins elles sont grave d’autant que leur diagnostic est
difficile, souvent retardé et qu’elles surviennent quelquefois chez les
enfants voire les nourrissons où le pronostic vital est alors mis en jeu.
A noter que ces atteintes infectieuses sont actuellement en recrudescence
dans les populations défavorisées ou immuno déficientes.
Comme dans la
pathologie tumorale, l’IRM utilisera des séquences de dernière génération
en suppression ou saturation de graisse plus ou moins couplées avec
l’injection de Gadolinium intra veineux.
D / OSTEONECROSE :
Comme pour les algodystrophies, les ostéonécroses sont la conséquence
d’un défaut ou d’un arrêt de l’apport sanguin au niveau d’une
zone focalisée de tissu osseux. Ces ostéonécroses peuvent survenir dans
différentes circonstances, il peut s’agir de simples micro
traumatismes, de véritables embolies gazeuses notamment lors des
accidents de décompression en plongée sous marine, mais ils peuvent également
se voir lors de l’utilisation de corticothérapies au long cours
notamment chez les patients asthmatiques. Elles atteignent de préférence
des zones peu ou mal vascularisées notamment les têtes fémorales au
niveau des hanches. L’IRM est dans cette pathologie d’une grande
sensibilité et spécificité puisque l’aspect de la lésion est caractéristique
dans la grande majorité des cas. Elle permet d’en faire un diagnostic
précoce puisque les signes radiographiques et tomodensitométriques sont
retardés. Ainsi devant tout syndrome douloureux de hanche, de genou ou de
cheville sans notion traumatique et d’autant plus chez un sujet âgé,
un IRM devrait être indiquée de principe.
Conclusion :
L’imagerie par Résonance Magnétique, notamment les imageurs les plus récents
de par leurs antennes dites dédiées, plus performantes, ainsi que grâce
aux nouvelles séquences utilisant des phénomènes de suppression ou de
saturation de la graisse (fat sat ou stir) ont une place de plus en plus
importante dans l’exploration diagnostique de la pathologie ostéoarticulaire
traumatique, mais également dans le diagnostic et le suivi thérapeutique
de la pathologie osseuse tumorale, plus rare mais beaucoup plus sévère.
Enfin, la
performance accrue de certaines séquences (ciné-IRM) des appareils à
hauts champs (1.5 Tesla) les plus récents permet une approche dynamique
des troubles cinétiques de certaines articulations fournissant ainsi une
meilleure compréhension de leur physio pathologie notamment dans le cadre
du syndrome rotulien ou de l’instabilité de l'épaule.
par le Docteur
Y.TALLON
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